17.3.11 Lecture des ligatures mensurales blanches

Les ligatures se lisent de gauche à droite et (si parfois deux notes paraissent verticalement alignée) de haut en bas. La ligature doit tout d’abord être décomposée en notes – une flexe signifie deux notes, chaque note peut être pointée (voir ci-dessus) ou colorée. De plus, chaque hampe est assignée à une note particulière : une hampe descendante en fin ou au sein de la ligature affecte la note qui précède ou, dans le cas de deux notes verticalement alignées, à la plus basse d’entre elles (comme serait une hampe sur la droite de cette note). Par contre, une hampe ascendante au début ou en cours de ligature s’attache à la note qui suit (comme l’est une hampe sur la gauche – les hampes ascendantes au sein de ligatures sont extrêmement rares).

En suite est attachée à chaque note une durée selon les règles suivantes :

  1. (règle de la maxima) Si la note ressemble à une maxime, sa longueur est alors \maxima, sinon
  2. (règle du pes) Si la note est alignée au-dessus de la note précédente, sa longueur est \longa, sinon
  3. (règle des hampes) Si la note est pourvue d’une hampe, sa longueur est semi-brève (1) pour une hampe ascendante sur la gauche, \breve pour une hampe descendante sur la gauche, et \longa pour une hampe sur la droite ; sinon
  4. (complément à la règle des hampes) Si la note précédente est pourvue d’une hampe ascendante sur sa gauche, sa longueur est semi-brève (1), sinon
  5. (règle du début descendant) Si la note est la première et qu’elle est plus haute que la note qui la suit, sa longueur est \longa, sinon
  6. (règle de la fin descendante) Si la note est la finale et qu’elle est plus basse que l’avant-dernière et a une allure de brève, sa longueur est \longa, sinon
  7. La longueur est \breve.

Il est à noter que des longueurs inférieures à la semi-brève ne sauraient être ligaturées.

Voici quelques exemples, indiquant quelle règle s’applique à quelle note :

[image of music]

En dehors de ces règles existent des restrictions ou conventions :

  1. Des notes successives ne peuvent avoir la même hauteur.
  2. Des notes alignées verticalement ne peuvent intervenir qu’en fin de ligature.
  3. Une ligature comporte au moins deux notes (on pourrait éventuellement observer des [image of music] ressemblant à une ligature unaire, mais il s’agirait probablement de rectification d’erreurs de recopie, où une brève serait corrigée en semi-brève par adjonction d’une hampe).
  4. Des semi-brèves peuvent apparaître au début, et seulement une paire – certains manuscrits anglais comportent des ligatures ayant quatre ou six semi-brèves.
  5. Les flexes sont descendantes – néanmoins, la présence de flexes ascendants est omniprésente dans des manuscrits ne respectant pas cette convention.
  6. Les flexes non finales sont tournantes ; autrement dit, les flexes descendantes sont suivies par une note plus haute, et les ascendantes par une note plus basse.
  7. La seconde note d’une flexe ne saurait être une longue ; en d’autres termes, une flexe ne peut avoir de hampe sur sa droite.
  8. Les notes intermédiaires sont des brèves ; s’il s’agit réellement d’une règle explicite de Tinctoris, elle ne correspond pas exactement à la pratique mais peut être perfectionnée à plusieurs égards :
  9. Des longues et des maximes intermédiaires apparaissent dans des ligatures constituées uniquement de longues et de maximes ;
  10. Les longues intermédiaires sont plus hautes que la note précédentes ;
  11. Les longues intermédiaires sont plus basses que la note suivante.

Il existe aussi une tendance selon laquelle les maximes dans une ligature mixte (non composée uniquement de maximes) sont pourvues d’une hampe sur leur droite, sauf si ses débuts et fins sont descendants.

Quelque exemples de l’application de ces restrictions :

La règle 6 présente une énigme : comment dessiner une brève finale lorsque l’avant-dernière note est pourvue d’une hampe sur sa droite (ce qui est extrêmement rare en raison de la restriction K) ? La réponse simpliste est : « Stoppe la ligature après la hampe ». Il existe cependant des exemples où [image of music] doit se lire longue-brève (noter que l’ajout de la hampe sur la droite d’une longue en finale pourrait lever toute ambiguïté).

Une interprétation alternative consiste à considérer cette hampe comme la hampe attachée sur la droite de la dernière note, comme dans Trent 89, folio 97, dans lequel [image of music] doit se lire comme étant trois brèves.

LilyPond dessine \breve et \longa comme des têtes de brevis lorsque les notes finales descendent, mais permet l’activation de la propriété right-down-stem pour lever l’ambiguïté :

\layout {
  \context {
    \Score
    \override SpacingSpanner.base-shortest-duration =
      #(ly:make-moment 16 1)
  }
}
\new PetrucciStaff {
  \clef "petrucci-c5"
  \[ \tweak right-down-stem ##t g\longa d\breve \]
  \[ a\breve \tweak right-down-stem ##t c'\maxima b\longa \]
  \[ a\longa b \tweak right-down-stem ##t a \]
}
[image of music]

Tous ces exemples sont réalité. En fait, la deuxième ligature du dernier était à l’origine écrit [image of music], et la hampe est une addition postérieure.


GNU LilyPond – Manuel de notation v2.27.4 (development-branch).