La propriété color

Essayons enfin de rendre les barres de mesure invisibles en les colorant en blanc. La difficulté est de savoir si les barres blanches vont couper ou non les lignes de la portée aux endroits où elles se croisent. Vous verrez dans les exemples ci-dessous que cela peut se produire, sans qu’on le sache à l’avance. Les explications de ce phénomène et les solutions pour y remédier sont exposées dans Blanchiment des objets. Pour le moment, acceptons cet inconvénient et concentrons-nous sur l’apprentissage de la gestion des couleurs.

La grob-interface indique que la valeur de la propriété color est une liste, sans plus d’explication. En fait, cette liste est une liste de valeurs en unités internes ; pour éviter d’avoir à chercher ce qu’il faut y mettre, il existe différents moyens d’indiquer la couleur. Le premier moyen consiste à utiliser l’une des couleurs CSS de la première Liste des couleurs. Pour mettre les barres de mesure en blanc, on écrit :

\relative {
  \time 12/16
  \override Staff.BarLine.color = "white"
  c''4 b8 c d16 c d8 |
  g,8 a16 b8 c d4 e16 |
  e8
}

[image of music]

et nous constatons que les barres de mesure sont une fois de plus invisibles. Attention : aucune apostrophe ne précède "white" – il ne s’agit pas d’un symbole, mais d’une chaîne de caractères mappée dans une liste prédéfinie de valeurs internes. La syntaxe de Lilypond, à ce propos, ressemble en tout point au langage CSS couremment utilisé pour les pages internet. En plus des noms prédéfinis, il est possible de spécifier une couleur par un code hexadécimal :

\relative {
  \time 12/16
  \override Staff.BarLine.color = "#FFFFFF"
  c''4 b8 c d16 c d8 |
  g,8 a16 b8 c d4 e16 |
  e8
}

[image of music]

On pourrait tout aussi bien définir cette couleur sous forme de variable que l’on utiliserait ensuite en tant que définition d’une propriété. Dans la mesure où il s’agit à la fois d’une variable LilyPond et d’un objet Scheme, elle pourra indifféremment se préfixer d’une oblique inversée ou d’un hash :

whiteVar = "#FFFFFF"

\relative {
  \time 12/16
  \override Staff.BarLine.color = \whiteVar
  c''4 b8 c d16 c d8 |
  \override Staff.BarLine.color = #whiteVar
  g,8 a16 b8 c d4 e16 |
  e8
}

[image of music]

Un autre moyen d’ajouter des couleurs à une partition consiste à recourir à une fonction. Deux fonctions sont utiles à cet égard : la fonction x11-colors que nous verrons plus avant, et la fonction rgb-colors qui, quant à elle, illustre la logique interne de LilyPond. Cette fonction prend trois arguments, donnant respectivement l’intensité du rouge, du vert et du bleu. Ces arguments prennent des valeurs comprises entre 0 et 1. Ainsi, pour choisir la couleur rouge, la valeur serait (rgb-color 1 0 0) ; pour le blanc, ce serait (rgb-color 1 1 1) :

\relative {
  \time 12/16
  \override Staff.BarLine.color = #(rgb-color 1 1 1)
  c''4 b8 c d16 c d8 |
  g,8 a16 b8 c d4 e16 |
  e8
}

[image of music]

Notez bien que, dans ce cas, l’intégralité de l’appel à cette fonction est borné par des parenthèses. Il en va de même pour la fonction x11-colors que nous avions laissée de côté.

La fonction x11-colors, elle aussi, convertit les noms symboliques de couleur en une liste de valeurs internes, mais elle offre plus de choix que les couleurs CSS comme on peut le constater dans la Liste des couleurs. Par exemple, elle comporte une échelle de gris qui va du noir ('grey0) au blanc ('grey100), avec un pas de 1. Essayons de l’utiliser en attribuant à tous les objets de notre exemple différentes nuances de gris :

\relative {
  \time 12/16
  \override Staff.StaffSymbol.color = #(x11-color 'grey30)
  \override Staff.TimeSignature.color = #(x11-color 'grey60)
  \override Staff.Clef.color = #(x11-color 'grey60)
  \override Voice.NoteHead.color = #(x11-color 'grey85)
  \override Voice.Stem.color = #(x11-color 'grey85)
  \override Staff.BarLine.color = #(x11-color 'grey10)
  c''4 b8 c d16 c d8 |
  g,8 a16 b8 c d4 e16 |
  e8
}

[image of music]

Vous remarquerez le contexte associé à chacun des objets. Une erreur sur ce point empêcherait la commande de fonctionner. Souvenez-vous que le contexte est celui dans lequel est placé le graveur approprié. Pour chaque graveur, on peut trouver son contexte par défaut en partant de l’objet lui-même, puis en cherchant le graveur qui le produit ; la page du graveur dans la RPI nous indique alors le contexte dans lequel le graveur se trouve normalement.


GNU LilyPond – Manuel d’initiation v2.25.16 (branche de développement).